Juilliard, Paris, 1970.
Pleine reliure carton, avec jaquette, bon état. 784 pages, intérieur propre.
Avec une biographie de Georges Nivat
Premières phrases:
" Le pavillon des cancéreux portait...le numéro treize. Paul Nikolaïevitch Roussanov n'avait jamais été superstitieux et il n'était pas question qu'il le fût, mais il ressentit une pointe de découragement lorsqu'il lut sur sa feuille d'entrée: pavillon treize. On n'avait même pas eu le tact de donner ce numéro à un quelconque pavillon des prothèses ou des maladies du tube digestif...Quoi qu'il en soit, dans toute la République, il n'avait maintenant d'autre recours que l'hôpital...
- Je n'ai pas le cancer, n'est-ce pas, docteur? ce n'est pas le cancer? demandait Paul Nikolaïevitch avec espoir et, délicatement, ses doigts effleuraient cette vilaine tumeur qui lui poussait là, sur le côté droit du cou, et qui grossissait presque de jour en jour; pourtant, la peau qui la recouvrait était toujours aussi blanche et inoffensive...
- Mais non, mais non, bien entendu, lui répondit pour la dixième fois le docteur Dontsova pour le tranquilliser, tout en couvrant de sa large écriture les page de son dossier de maladie. Quand elle écrivait elle mettait ses lunettes, des lunettes carrées aux coins arrondis, et dès qu'elle avait terminé, elle les enlevait. Elle n'était plus très jeune et sa figure était pâle, très lasse.
Cela s'était passé il y a quelques jours, à la consultation des cancéreux. On n'en dormait déjà pas de la nuit, quand on était envoyé à cette consultation, et voilà que le docteur Dontsova avait prescrit à Paul Nilolaïevitch une hospitalisation immédiate! ".
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