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Amerique Sud


Argentine - BORGES Jorge Luis 
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Le livre de sable.

Gallimard, Paris, 1980.
Livre broché, couvertures semi-rigides, bon état. 147 pages, intérieur propre.

Dernière de couverture:
  " Né à Buenos Aires en 1899, J.L. Borges y réside toujours. Conteur, poète, essayiste, il est reconnu comme le maître incontesté des lettres argentines. Toute son œuvre est maintenant traduite en langue française et ses recueils de nouvelles: Fictions, L'Aleph, passent déjà pour des classiques de la littérature contemporaine.".

A mon âge - je suis né en 1899 - je ne puis promettre aux autres ni à moi.même que ces quelques variations partielles
qui sont, comme on sait, le classique recours de l'irréparable monotonie. Qu'il me soit permis cependant de souligner certains détails.
Ce livre comporte treize nouvelles. Ce nombre est le fruit du hasard ou de la fatalité - ici les deux mots sont strictement synonymes - et n'a rien de magique. Si de tous ces écrits je :ne devais en conserver qu'un seul, je crois que je conserverais Le congrès; qui est à la fois le plus autobiographique (celui qui fait le plus appel aux souvenirs) et le plus fantastique. Je ne cacherai pas non plus ma préférence pour Le livre de sable.
Il y a aussi une histoire d'amour, une nouvelle «psychologique» et le récit d'un épisode dramatique de l'histoire de nos
républiques sud-américaines.
J'ai voulu rester fidèle, dans ces exercices d'aveugle, à l'exemple de Wells en conjuguant avec un style simple, parfois
presque oral, un argument impossible. Le lecteur curieux peut ajouter les noms de Swift et celui de l'Edgar Allan Poe qui,
vers 1838, renonça à ses somptuosités pour nous léguer les admirables chapitres qui terminent Arthur Gordon Pym.
Je n'écris pas pour une petite élite dont je n'ai cure, ni pour cette entité platonique adulée qu'on surnomme la Masse. Je ne crois pas à ces deux abstractions, chères au démagogue.
J'écris pour moi, pour mes amis et pour adoucir le cours du temps.

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Ref: 4554

ASTURIAS Miguel Angel 
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Monsieur le Président.

Editions Le Club Français du Livre, Paris, 1952.
Livre en pleine reliure toile, bon état, avec jaquette déchirure réparée sur la dernière de couverture, sinon bon état. 273 pages, intérieur propre.

Avec une introduction sur l'auteur et le livre par Georges Pillement.

Première page:
  " Brille, lumière de feu Lucifer! Astre de pierre! Comme un bourdonnement d'oreilles persistait la rumeur des cloches appelant à la prière, malaise redoublé: passage de la lumière à l'ombre, de l'ombre à la lumière. Brille, lumière de feu, Lucifer, astre de pierre, resplendis sur la pourriture! Lumière de feu! Lumière infernale! Brille, resplendis, brille, lumière de feu... brille... resplendis lumière de feu, brille, brille...
  Les mendiants Se traînaient à travers les gargotes du marché, perdus dans l'ombre glacée de la Cathédrale. Ils s'en allaient  vers la place d'Armes, le long de rues aussi larges que des mers, dans la ville qui restait toute seule derrière eux.
La nuit les réunissait en même-temps que les étoiles . Ils se groupaient pour dormir sous le Porche du Seigneur, sans autre lien que leur commune misère. Médisant les uns des autres, ils s'injuriaient, les dents serrées, avec la hargne d'ennemis qui se cherchent querelle, se provoquaient à coups de coude, se bousculaient. Ils se lançaient à la tête tout ce qui leur tombait sous la main et, faute de mieux, se jetaient des poignées de terre. Ils s'affrontaient en mêlées furieuses, se crachaient au visage et se mordaient. Sans autre famille ni liens de parenté que la poubelle, n'ayant jamais connu ni oreiller ni confiance, ils se couchaient, tout habillés, à l'écart les uns des autres, et dormaient du sommeil inquiet des voleurs, la tête sur le sac contenant leurs trésors: restes de viande, vieux souliers, bouts de chandelles, poignées de riz cuit enveloppées dans de vieux journaux, oranges et bananes avariées.
  Sur les marches du Porche, on les voyait, tournés vers le mur, compter leurs sous, mordre leurs pièces de nickel pour
s'assurer qu'elles n'étaient pas fausses, parler seuls, avaler en cachette des croûtons de pain sec, passer en revue leurs provisions de bouche et de guerre car, dans la rue, ils marchaient sur pied de guerre, armés de pierres et de scapulaires".

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Ref: 4401

Haïti - ROUMAIN Jacques 
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Gouverneur de la rosée.

Editions Club Français du Livre, Paris, 1964.
Livre en pleine reliure toile décoré, bon état, avec rhodoïd. 250 pages, 14cm x 21,5cm, intérieur propre.

Edition hors commerce numéroté. Courte biographie en fin de volume.

Première page:
  " - Nous mourrons tous... - et elle plonge sa main dans la poussière : la vieille Délira Délivrance dit : nous mourrons tous : les bêtes, les plantes, les chrétiens vivants, ô Jésus-Maria la Sainte Vierge : et la poussière coule entre ses doigts. La même poussière que le vent rabat d'une haleine sèche sur le champ dévasté de petit-mil, sur la haute barrière de cactus rongés de vert-de-gris, sur les arbres, ces bayahondes rouillés.
  La poussière monte de la grand-route et la vieille Délira est accroupie devant sa case, elle ne lève pas les yeux, elle remue la tête doucement , son madras a glissé de côté et on voit une mèche grise saupoudrée, dirait-on, de cette même poussière qui coule entre ses doigts répète : nous mourrons tous, - et elle appelle le bon Dieu..."

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Ref: 4682

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