Editions Gallimard collection "essais", Paris, 1997.
Livre broché, couvertures semi-rigides, bon état. 325 pages, intérieur propre.
Dernière de couverture:
" La culture sera de masse, sur écran et sans plus aucun support papier, en réseaux et en temps réel, conviviale et virtuelle: les Pythies de l'ère numérique tiennent chronique, celle de la mort annoncée de l'acte de lecture, qui, d'Homère à Mallarmé, a porté l'identité de l'Europe.
Dans le monde numérique de demain, que restera-t-il de ces passions impunies qui forgèrent la vieille Europe au parapet du monde, de ce lectures bien faites, pour reprendre la formule de Péguy, qui venaient véritablement achever, accomplir les grandes oeuvres des grands hommes, nous imposant, à nous, lecteurs , une "effrayante responsabilité" ?
A l'heure où l'on nous invite à décharger notre mémoire vive sur celle, morte, des supports numrique, où la mort du livre est annoncée, sommes-nous inéluctablement appelés à n'être plus que des lecteurs à temps partiel, des lecteurs au rabais? Pourtant, toute l'histoire de notre Europe est marquée par ces passions impunies qui virent, il n'y a guère les nazis organiser des autodafés, Staline condamner un poète pour avoir cité Shakespeare, la police pragoise tuer un philosophe parce qu'il avait clandestinement enseigné Platon. Mourir plutôt que d'abandonner, dans sa cité livrée au pillage, une déduction géométrique, tel avait été, aux origines de notre continent, le choix d'Archimède. La culture, réponse à la barbarie, est notre destin. Ce destin, il se trouve encore à Syracuse - Syracuse en Sicile plutôt que dans l'Etat de New-York."