Clochemerle.
Editions Flammarion, Paris, 1982. Livre en pleine reliure toile verte, bon état, avec jaquette bon état. 340 pages, 23cm x 29cm, intérieur propre.
Avec les très nombreuses illustrations en couleurs de Dubout, certaines en pleine page. "Notice WIKIPEDIA". Le roman commence quand Barthélemy Piéchut, le maire de la commune de Clochemerle-en-Beaujolais, dévoile à Ernest Tafardel, l'instituteur, son projet : « Je veux faire construire un urinoir, Tafardel. […] Enfin, dit-il, une pissotière ! » Cette vespasienne, destinée, bien plus peut-être, à confondre Mme la baronne Alphonsine de Courtebiche, le curé Ponosse, le notaire Girodot et les suppôts de la réaction, qu'à procurer un grand soulagement à la gent virile de Clochemerle, est édifiée tout près de l'église où Justine Putet, vieille demoiselle, exerce une surveillance étroite.
Indignée de voir exhibées sous ses fenêtres tant de « choses » dont elle s’était jusqu’alors préservée, Justine Putet entre en croisade contre l’édicule public, aidée par de pieuses femmes. Au cours de cette guéguerre autour d’une pissotière se dévoilent crûment et drôlatiquement les antagonismes et les secrets d’ordinaire tenus cachés.
Première page: "Un grand projet. Au mois d'octobre 1922, vers cinq heures du soir, sur la grande place de Clochemerle en Beaujolais, ombragée de très beaux marronniers, et ornée en son milieu d'un magnifique tilleul qu'on dit avoir été planté en 1518 pour fêter l'arrivée d'Anne de Beaujeu en ces parages, deux hommes faisaient côté à côte des allées et venues, avec la lente démarche des gens de campagne, qui semblent toujours avoir tout leur temps à donner à toute chose, en échangeant des paroles chargées d'un sens si rigoureux qu'ils les prononçaient après de grands silences préparatoires, à raison d'une phrase à peine tous les vingt pas. Souvent, un seul mot tenait lieu de phrase, ou une exclamation. Mais ces exclamations comportaient des nuances très expressives pour deux interlocuteurs qui se connaissaient de longue date et poursuivaient de concert des buts communs, ensemble posaient les jalons d'une ambition mûrement méditée. Leurs soucis, en cet instant, étaient d'ordre politique et, comme tels, tournés vers une opposition. Ce qui leur donnait tant de gravité et de prudence. L'un de ces hommes, âgé de plus de cinquante ans, grand, rouge de teint, encore blond, offrait le type pur d'un descendant des Burgondes qui peuplèrent autrefois le Rhône. Son visage dont les vents et le soleil avaient craquelé l'épiderme, vivait surtout par deux petits yeux gris clair, entourés de rides fines et perpétuellement clignés, qui lui donnaient un air de malice, tantôt dure et tantôt cordiale. Mais la bouche, qui aurait pu fournir sur son caractère des indications qu'on ne lisait pas dans son regard, demeurait invisible sous la moustache tombante, dans laquelle s'enfonçait le tuyau d'une courte pipe noire, mâchée plutôt que fumée, qui sentait à la fois le marc et le tabac. Le personnage paraissait de forte charpente, sec, monté sur des jambes hautes et droites, avec une pointe de ventre qui était négligemment musculaire plus qu'embonpoint véritable. "
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Ref: 5274
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