Editions Jean-Cyrille Godefroy, Paris, 1984.
Livre broché, couvertures semi-rigides, bon état. 400 pages, intérieur propre.
Dernière de couverture:
" Néron est mort depuis onze ans, et avec lui sa grande idée de fusion organique entre l'Orient et l'Occident. Les peuples des Etats satellites entre la Syrie romaine et l'empire des Parthes en gardent la nostalgie, et la domination des Flaviens leur pèse...
Et voici que le potier Térence, qui déjà servait de doublure à l'empereur aux temps fastueux de Rome, manœuvré par un sénateur déchu, révèle enfin sa vraie nature: il est Néron. Soutenu par Artaban, le légendaire roi des Parthes, il va bouleverser tout l'Orient, gagner à sa cause les légions, et lancer à Rome un défi insensé.
Espoirs fous, conquêtes foudroyantes, assassinats et renversements de situation, servent de toile de fond à cette histoire exemplaire d'apprentis sorciers, de fabricants d'empires broyés par leur propre machine.".
Première page:
" En ce six mars, quand le sénateur Varus se rendit au Palais du Gouverneur de Syrie, province de l'Empire Romain, les badauds suivirent Iongtemps sa litière des yeux. Depuis deux jours le Gouverneur Ceion venait de prendre solennellement haches et faisceaux de verges, insignes de sa fonction, et l'absence du Sénateur Varus, l'homme le plus influent de la province, s'était faite remarquer. Maintenant, en retard, ce dernier allait présenter ses hommages, et toute la ville d'Antioche s'interrogeait sur les rapports qui s'instaureraient entre les deux hommes.
Le printemps était plutôt frileux, un vent froid tombait des montagnes. Quand sa litière déboucha à vive allure dans la superbe et longue rue principale, le Sénateur Varus, un petit sourire sur ses lèvres épaisses, put noter d'un œil exercé que fonctionnaires et citoyens zélés avaient installé un peu partout, devant les édifices publics et les plus importantes boutiques, des statues en buste du nouveau Gouverneur: une petite tête dure, osseuse, posée sur des épaules étriquées, crispées vers l'arrière. Quand donc avait-il vu cette tête, en chair et en os, pour la dernière fois? Douze ans. Non, treize. A l'époque, il n'avait éprouvé pour elle qu'un dédain condescendant. C'était lui, Varus, qui se trouvait bien placé en ce temps-là. Néron le choyait tandis que l'autre, ce Ceion qui n'était pas parvenu à pénétrer les bonnes grâces de l'Empereur, sans aucune influence malgré sa haute naissance et ses titres ronflants, demeurait dans la crainte perpétuelle d'être balayé par un caprice du maître".
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