Editions Gallimard, Paris, 1967.
Livre broché, couvertures semi-rigides, un peu salies (voir scan), mais solide, bon état. 252 pages, intérieur propre.
Dernière de couverture:
" Le présent recueil réunit la majeure partie des récits écrits par Babel à partir de 1924 et jusqu'en 1937. Tous sont construits à partir d'événements vécus ou de personnages réels. Les Contes d'Odessa décrivent un milieu très particulier: celui des bas fonds juifs du grand port de la Mer Noire où les Juifs formaient près d'un tiers de la population. Gangsters, charretiers, intermédiaires malhonnêtes du ghetto de la Moldavanka y sont évoqués avec truculence, humour et tendresse. Le roi de cette pègre, Bénia Krik, est un brigand au cœur d'or, beau et fort, sorte d'antithèse à l'image traditionnelle du Juif chétif, humilié et persécuté.
Dans Histoire de mon pigeonnier, Premier amour, L'Éveil, Dans le sous-sol, Babel a incorporé beaucoup d'éléments de sa propre biographie, son enfance studieuse de petit garçon juif nourri de Talmud, gavé de lectures, mais incapable d'apprendre à nager ou de reconnaître les arbres et les oiseaux, son expérience tragique de la condition juive au cours des pogroms de 1905, l'éveil de sa vocation littéraire, confessions intimes faites avec un mélange de lyrisme et d'ironie. Babel vit dans la révolution une possibilité de libération et la fin de l'antisémitisme. Karl Yankel représente, sur le mode humoristique, le choc de la tradition juive et des idées révolutionnaires qui devait transformer en commissaires bolcheviques les fils des vieilles juives à perruques. De ses séjours à Paris, Babel a rapporté quelques scènes de la vie parisienne (Le Jugement, La Rue Dante) pleines de vivacité et de mordant.
Grand admirateur de Flaubert et de Maupassant, Babel attachait une importance extrême au style. Dans la nouvelle intitulée Guy de Maupassant, il exprime son souci de la brièveté, du mot juste, du point placé au bon endroit «capable de transpercer et de glacer le cœur humain». A propos du style de Babel, Victor Chklovski a pu dire qu'il donna à la littérature russe, "grise comme un serin", "des culottes framboise et des bottines de cuir bleu azur".".
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