Editions Fayard collection "Idées-Forces", Paris, 1987.
Livre broché, bon état. 330 pages, intérieur propre.
Dernière de couverture:
" Idéologie, le mot a été forgé par Destutt de Tracy à la fin du 18ème siècle et désignait la science de la genèse des idées. Napoléon l'a repris à son compte pour lui donner son sens moderne. A travers ses avatars sémantiques, il reflète une ambition: celle de fonder scientifiquement l'ordre social. Plus d'un siècle après son institutionnalisation, qu'en est-il aujourd'hui de l'idéologie? Barthes disait qu'elle n'est "rien d'autre que l'idée en tant qu'elle domine", c'est donc "l'idée-force" par excellence. Le sociologue Raymond Boudon nous propose dans cer essai décapant une histoire critique du concept d'idéologie; puis à travers des études de cas, il entreprend une analyse rigoureuse de l'origine des idées reçues, pour tenter de comprendre comment et pourquoi l'acteur social banalisé peut adhérer facilement à des idées fausses ou douteuses. Il oppose à la conception de l'idéologie comme irrationalisme (celle de Marx, de Pareto, mais aussi de Popper ou d'Aron), une théorie rationaliste qui prend en compte trois catégories d'effets: de position et de disposition, de communication, ainsi que les effets épistémologiques. Il montre que certaines idéologies peuvent s'appuyer sur des théories authentiquement scientifiques mais dont on a mal perçu les limites étroites de validité. Marx et Popper sont renvoyés dos à dos pour avoir présenté comme généraux des cas particuliers et Michel Foucault est descendu de son piédestal pour faute de rigueur logique. Dans cet essai brillant et courageux, l'originalité de la pensée de Raymond Boudon est de mettre un terme à l' homo ideologicus aveugle et à la distinction manichéenne entre science et idéologie, pour mieux faire apparaître les mécanismes par lesquels ces idées reçues peuvent être crédibles."