Editions Clairefontaine, Lausanne, 1961.
Livre broché, couvertures semi-rigides à rabat, bon état. 277 pages, intérieur propre.
Avec, en frontispice, un portrait en pleine page, d'autres illustrations dans le texte et une carte sur double page.
Texte rabat:
" Mythomane, imposteur, charlatan ou héros? Tous ces termes ont été appliqués à Lawrence d'Arabie. Pour Churchill, il aura été "un des plus grands princes de la nature". Pour Lord Allenby, le commandant en chef des forces britanniques en Egypte durant la première guerre mondiale, "sa vie vaut tous les contes de fées". Mais pour d'autres, il n'a été qu'un baladin assoiffé de publicité personnelle, "un névrosé possédé par une attirance morbide de la boue".
Qui était-il donc au juste cet homme énigmatique et déconcertant, porté aux nues par Bernard Shaw, vilipendé par Richard Aldington, et dont la légende a fait le "roi non couronné d'Arabie" ?
C'est l'aventure de ce personnage fabuleux que Benoist-Méchin nous décrit aujourd'hui dans un ouvrage destiné à prendre place entre les biographies qu'il a déjà consacrées à Mustapha Kemal et à Ibn Séoud.
Fouillant les mémoires et les correspondances de ses contemporains, il situe l'auteur des Sept Piliers de la Sagesse dans le contexte épique de la révolte dans le désert. Mais il analyse aussi le destin d'une âme torturée par un des désespoirs les plus atroces qui aient jamais dévoré une conscience humaine.
Ainsi se déroule sous nos yeux une double trajectoire: d'une part, celle d'un homme d'action d'une surprenante vitalité qui souleva des Bédouins du Hedjaz contre la domination turque, conquit Akaba à la pointe de son épée, et, payant royalement de sa personne, mena victorieusement à Damas les cavaliers de l'émir Fayçal. De l'autre, celle, toute spirituelle, d'un poète et d'un écrivain prestigieux que ses tourments apparentent à Retz, àNietzsche et à Dostoïevsky.
Nous voyons Lawrence, conquérant de vingt-neuf ans, s'élancer sur les traces d'Alexandre le Grand dans un tourbillon de voiles blancs et un scintillement d'épées. Mais nous le voyons aussi descendre pas à pas au fond d'un gouffre désespéré où, dans la servitude volontaire et l'avilissement de luimême, il cherchera des «équivalents infernaux» à son rêve fracassé.
Pour finir, ce colonel prestigieux périra, simple soldat, après s'être engagé sous un faux nom dans la R.A.F. La mort viendra le fracasser lui-même au guidon de sa motocyclette. Libéré alors d'un monde voué à la fraude, au parjure et aux serments violés, il retrouvera enfin la pureté à laquelle il aspirait. Une drame humain d'une terrifiante intensité, né d'un drame politique aux répercussions imprévisibles, tels sont les deux pôles autour desquels gravite la carrière de Lawrence. C'est pourquoi il ne suffit pas, pour le connaître, de suivre les péripéties de sa campagne d'Arabie: il faut plonger jusque dans les replis les plus secrets de sa douleur. On s'aperçoit alors que vaincu une première fois par les circonstances et une deuxième fois par lui-même, il a
su transformer cette double défaite en une victoire unique que nul, désormais, n'a le pouvoir de lui arracher.".
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