Editions Armand Colin, collection U, Paris, 1970.
Livre en reliure cartonné, bon état. 365 pages, intérieur propre.
Avec de nombreux tableaux et une mappemonde représentant les différentes zones climatologiques du monde en couleurs.
"Cherchant, il y a plus d'un demi-siècle, à définir le climat, l'Allemand Hann parlait de « l'état moyen de l'atmosphère en un point de la surface terrestre »; il y a un quart de siècle le géographe français Sorre évoquait la « série des états de l'atmosphère, au-dessus d'un lieu, dans leur succession habituelle ». Ni l'un ni l'autre de ces deux auteurs ne voulaient parler de la météorologie, c'est-à-dire de la science physique de l'atmosphère, dont le but essentiel est non seulement d'analyser les états du temps, mais de les expliquer, afin de prévoir leur modification ou leur renouvellement à l'usage des aviateurs, des cultivateurs ou des touristes. Le climatologue, en effet, n'est pas un prévisionniste : il essaie, quant à lui, d'analyser, d'expliquer et de définir les climats dans un cadre géographique.
Si l'on se situe dans la perspective de Hann, il s'agit d'explorer les divers éléments du climat (pluies, températures, etc.), de définir les conditions moyennes existant dans une région donnée, puis de rechercher les liaisons entre les différents états de l'atmosphère. On aboutit ainsi à une sorte de typologie des climats et à l'étude de leur répartition à la surface de la terre. Le climatologue constate, associe les faits d'observation, mais n'explique guère.
Sorre et ses disciples estiment au contraire que ce climat moyen est une construction de l'esprit, commode mais artificielle, peu représentative de l'image réelle d'un climat, et méconnaissant la combinaison naturelle qu'est le temps.
10 La méthode externe ou séparative consiste pour un lieu déterminé à enregistrer et à analyser les caractéristiques du temps, que ce soit dans le but de calculer des moyennes portant sur de longues années d'observations ou pour suivre au jour le jour ses variations. C'est une méthode statique où l'on dépouille a posteriori des observations de toute nature. Elle a l'avantage de mettre en ½uvre des moyens relativement simples et bon marché, permet de définir les éléments d'un climat et les combinaisons de ces éléments entre eux: ainsi peut-on évoquer la sécheresse et la forte chaleur de l'été méditerranéen, responsables de l'évaporation accrue et du déficit du bilan hydrique... Avec l'aide complémentaire des données extrêmes (gels les plus forts ou les plus tardifs, sécheresses les plus longues connues), on peut déterminer la valeur écologique du climat, ce qui est utile pour choisir les cultures à pratiquer, les arbres à planter dans les reboisements, pour calculer les risques d'incendies forestiers, pour recommander tel climat à des malades... Cette méthode permet également de comparer les climats entre eux, soit en les traitant élément par élément,
soit en associant leurs caractéristiques. Mais de cette façon, il n'est guère possible d'expliquer scientifiquement les caractères -mêmes des climats, ni de suivre leur variabilité quotidienne.
20 La méthode interne ou synthétique ne vise pas à comptabiliser les éléments du temps, mais à dégager les caractéristiques atmosphériques qui justifient la distribution de ces éléments. Elle est plus complexe, impliquant l'étude de toute la verticale de l'atmosphère, l'identification de la nature de l'air, la recherche de la succession des types de temps, faisant appel largement au domaine des connaissances et des méthodes des sciences physiques. Il s'agit avant tout d'expliquer le temps, de réaliser une synthèse explicative des divers éléments du temps à un instant donné.
Il n'existe pas d'incompatibilité entre ces deux méthodes, que le géographe a intérêt à utiliser conjointement: pour définir un climat, il faut aussi bien analyser toutes ses caractéristiques que connaître la fréquence des types de temps qui les expliquent.
Encore faut-il, pour dégager des caractéristiques et une probabilité acceptable, disposer d'une analyse prolongée des conditions atmosphériques. Aussi, aucune des deux méthodes classiques ne peut-elle se passer du secours préalable d'observations précises et prolongées."